Depuis 2009, 60 000 tonnes de poulets sont produites en moyenne chaque année. Le mode de distribution lui n'a pas beaucoup changé, le poulet empruntant les mêmes circuits: fermiers-grossistes-semi grossistes-détaillants-consommateurs. Le canal des marchés est le plus utilisé, la preuve dans tous les marchés ou presque, existe un bloc appelé « marché du poulet ».
Le marché des découpes de poulet local existe pourtant. Les femmes de plus en plus actives au même titre que les hommes, n'ont plus assez de temps pour plumer ou découper le poulet elles-mêmes. Alors certaines sollicitent pour la plus part les services des plumeurs de fortune aux abords des marchés.
Cependant les conditions d'hygiène et de salubrité dans ces unités de plumage sont plus que déplorables. D'autres se rabattent par manque d'information ou par ignorance sur le poulet congelé importé. Or à côté, il y a le poulet congelé local, et la confusion est grande. Il n'est pas évident pour les non connaisseurs de faire le distinguo entre le poulet congelé importé et celui produit localement.
Des opérateurs économiques camerounais ont compris l'enjeu et ont décidé de servir cette nouvelle clientèle pressée et exigeante. Ainsi 3 chaines d'abattage sont déjà implantées au Cameroun : SOFCO à Douala, PROPOULET à Yaoundé et SPAC à Bafang. Quelques poissonneries servent déjà de canal de distribution.
Hélas la quantité de poulet mise à la disposition du public est dérisoire, en plus le prix proposé est loin d'être concurrentiel. Un poulet entier (1,3 à 1,5 kg) est vendu dans les poissonneries à 3 500 FCFA, alors que le même poulet non plumé est vendu au marché à 2 800 F. Les découpes (ailes, cuisses), sont vendus à 2 500 f le kg alors que les découpes de poulet congelé importé sont cédées à 2 000 f, parfois moins.
Pour conquérir ce marché ouvert depuis l'interdiction des importations, il faut un abaissement substantiel des charges des chaines d'abattage. L'Etat doit soutenir cette initiative.
D'ailleurs l'IPAVIC responsable de l'aviculture moderne au Cameroun, dispose d'une ligne budgétaire destinée au soutien des opérateurs de ce secteur. Approchés, les responsables de l'interprofession nous confient que ces promoteurs privés ce sont engagés sans présenter de business plan à l'IPAVIC.
Les chambres froides des supermarchés et de plusieurs magasins alimentaires sont encore pleines de produits frais venus d'ailleurs.
Donnons une meilleure vitrine au poulet camerounais, rendons le disponible et accessible à tous, et on pourra définitivement dire bye bye au poulet congelé importé.













