Après l'accalmie observée pendant les élections présidentielles, Actions Paysannes tient sa première réunion stratégique en vue de se déployer sur le terrain à la rencontre des paysans et sympathisants.
Quasiment à la même période qu'en 2008, l'ACDIC a organisé son dîner parlementaire de l'année 2009. Une rencontre initiée en décembre 2004 dans le cadre de la première et historique campagne de l'association sur les importations massives de poulets congelés.
Le 26 novembre 2009, à l'hôtel des députés à Yaoundé, le président de l'Acdic Bernard Njonga a entretenu une cinquantaine de députés sur le thème des « cessions de terres aux entreprises et pays étrangers » au Cameroun. Il a, avec l'éloquence qu'on lui connait, fait l'état des lieux du phénomène dans le monde, celui du Cameroun, avant de partager avec les élus du peuple quelques interrogations et suggestions. L'orateur a présenté quelques facteurs expliquant la ruée des pays européens et certains émirats pétroliers orientaux et dragons d'Asie vers les terres des pays du Sud par l'accroissement de la demande des produits alimentaires de base, la concurrence des agro-carburants sur l'utilisation des produits agricoles pour la nutrition de l'homme, la monétisation et la spéculation sur les forêts, générateurs de profits à travers des l'exploitation du bois et des autres produits forestiers non ligneux, d'une part , et le marché des crédits carbones et droits à polluer qui permettent aux pays industrialisés de polluer en payant des compensations financières aux autres entreprises polluant en dessous de leur marge, ou à des pays qui offrent des parcelles de végétation absorbant le carbone rejeté dans l'atmosphère d'autre part. Après les épisodes d'effondrement boursier, financier et économique qui ont entraîné les économies dans un carambolage inédit depuis 2007, la terre agricole est aujourd'hui une « monnaie-refuge » et même « la meilleure couverture contre la récession pour les 10 à 15 années qui viennent ». Aussi, souligne Bernard Njonga, dans ce contexte de pertes, les sociétés de la filière agro alimentaire continuent à faire des profits. Entre les producteurs d'engrais comme Yara, Potash Corp., les semenciers comme Monsano, ou les agroalimentaires comme Nestlé et Unilever, les profits 2007-2008 sont allés entre 7 et 72 % par rapport aux exercices précédents. Les Etats et entreprises accaparatrices et ceux qui cèdent sont répartis entre l'Asie, le Moyen-Orient et l'Afrique. Mais tous sont à la recherche de profits. Les Etats acheteurs veulent conquérir de nouvelles terres pour assurer leur souveraineté alimentaire ou pour faire faire des profits sur le marché international à leurs entreprises qu'ils accompagnent (Chine, Inde Japon, Malaisie, Corée du Sud, Bahreïn, Jordanie, Koweït, etc.), les autres, des pays d'Afrique sub-saharienne pour la majorité, ont « besoin d'investisseurs externes pour se développer (...) les nationaux ne [sachant] pas utiliser les ressources de manière optimales et ni eux, les gouvernements ne [disposant] pas des moyens techniques ou financiers pour y parvenir ». Les Etats et entreprises étrangères investisseurs sont soutenus par des institutions financières internationales, ce qui laisse penser que l'investissement sur la terre agricole est du pain béni en cette période d'incertitudes de croissance économique mondiale.
Et le Cameroun dans tout ce tango qui prend parfois une tournure mélodramatique pour des populations autochtones sans défense face à l'argent-roi en Afrique ou celles qui en Inde résistent avec succès et contraignent les gouvernants à y renoncer parfois?
Le Cameroun dans la ligne de mire des Chinois et Indiens
Au Cameroun, ce ne sont pas les terres agricoles qui manquent. Seuls 29% (14 200 km2) de terres cultivables sont exploités, s'étonne le
président de l'Acdic ! Près de 6 millions d'hectares sont ainsi en friche. Les informations sur les cessions de terre sont « extrêmement difficile d'accès », parce que, comme le souligne le patron de la FAO Jacques Diouf, « la terre est une patate chaude politique ». Mais on sait que l'homme d'affaires chinois Jianjun Wang a acquis des droits sur 10 000 hectares de terres pour produire du riz à Nanga Eboko, 250 km à l'est de Yaoundé. Un décret présidentiel du 14 avril 2009 autorise le gouvernement Camerounais à signer avec l'Inde, un accord de prêt de 18,8 milliards de F CFA auprès d'une banque Indienne (Export-Import Bank of India) pour la mise en place de 5 000 hectares de maïs et de riz au Cameroun. Le ministère camerounais de l'agriculture est au demeurant engagé dans des démarches pour l'octroi de 6 000 hectares de terres aux Chinois pour la culture du riz dans la zone de la haute Sanaga dans la région du Centre, a révélé Bernard Njonga.
Sans présumer des intentions de braderie des terres nationales par le gouvernement, l'orateur ne comprend pas pourquoi les informations touchant aux cessions de terres sont si difficiles d'accès. Il se pose également des questions sur les conditions de ces cessions, les cahiers de charges y relatifs, les risques encourus tels que : la mise en péril de la souveraineté alimentaire, l'instabilité des prix alimentaires, la destruction massive des agricultures familiales, les conflits sociaux, l'accroissement des inégalités. Plus fondamentalement, « avec 67% des populations vivant de l'agriculture dont 90% faisant dans l'agriculture familiale, (...) a-t-on besoin de petits producteurs efficaces ou de grosses exploitations ? » s'est-il interrogé. Il a ainsi invité les parlementaires à susciter des débats autour des conditions des cessions des terres au Cameroun, il a invité également les autorités gouvernementales à informer et à associer les populations propriétaires des terres avec les éventuels investisseurs, la préservation des intérêts locaux et nationaux dans les cahiers de charge des contrats de concession. Dans l'échange qui a suivi, des députés ont pris la parole pour remercier et encourager l'initiative qui leur permet de mieux saisir les enjeux du phénomène de la cession des terres et de mieux défendre les intérêts des populations. Pourquoi cette « campagne de xénophobie, cette aversion contre l'Empire du Milieu », s'est exclamé un député du parti au pouvoir, le Rdpc ? « Nous n'avons rien contre les Chinois, a répondu le président de l'Acdic, il se trouve simplement qu'à l'heure actuelle, ce sont les Chinois qui exploitent, nous le faisons sans animosité » ! Et que dire des transferts de technologies évoqué par un député ? « Je les trouve douteux, a dit l'orateur : pour le riz, la technique de culture est simple. Idem pour le maïs. Ces techniques sont maîtrisées déjà par les cultivateurs Camerounais. Et même, on ne connaît pas le contenu des cahiers de charges. »
François Bimogo, rédacteur en chef Eclat d'Afrique
Hon. François Ndi (député Menoua, Rdpc,) : en position d'alerte
Je dois commencer par féliciter ce dîner débat, il a permis de nous éclairer sur des situations où nous n'étions pas très avertis. Nous estimons qu'en multipliant ce genre de rencontres, cela nous permettra d'être en position d'alerte chaque fois qu'il y a des décisions à prendre. Le sujet était intéressant. Nous partons avec une bonne impression et nous verrons ce que faire pour aller dans ce sens. Vous savez, lorsqu'on a un seul son de cloche, il est difficile de conclure, ce son de cloche est celui de la société civile. Lorsqu'on se rapprochera également des instances dirigeantes, nous aurons l'autre son de cloche et on saura quelle décision prendre. Avec une plus grande participation des parlementaires, de tels dîners peuvent apporter des solutions idoines. Sur la question même, si c'est un bail de 99 ans, cela est intéressant pour le développement de l'agriculture. Si la cession est définitive, cela inquiéterait un peu.
Hon. Edward NKembeng (député WOURI EST, Rdpc,) : voir comment ces terres sont cédées
Je félicite monsieur Njonga pour cette initiative parce que la gestion des terres est une question extrêmement importante. Quand c'est fait de façon opaque, il est normal que la société civile s'inquiète. Nous allons essayer de voir comment ces terres sont cédées parce que cette action peut se faire soit par la vente, soit par la concession ou encore par l'impôt emphytéotique et par l'affermage. Pour ce qui nous concerne, nous ne savons pas dans quel cadre ces terrains sont cédés. Etant au courant de ce problème, nous allons nous battre à l'assemblée nationale par des questions orales pour que les ministres en charge de ces dossiers nous donnent des précisions.
Peyipahouo Riratou (députée Noun Centre, UDC,) : la terre, c'est de l'or !
Cette initiative est la bienvenue. L'Acdic abat un travail énorme pour préserver nos valeurs au Cameroun. Mais, parfois l'Etat n'est pas reconnaissant. Le problème de terres se pose déjà à nos chefferies car les chefs confisquent parfois les terres et maintenant, il faut chercher à les mettre en valeur pour que les étrangers ne viennent pas les acheter. A l'est du pays, les gens cèdent des terres pour avoir des motos, c'est une tromperie. Nous ne sommes pas d'accord qu'on cède des terrains sans rendre publics les cahiers de charge. En tant que parlementaire, je vais sensibiliser la population pour préserver ce bien pour les générations futures. L'Etat ne doit pas donner des terres à n'importe qui. La terre, c'est de l'or. On doit le préserver.
Article 1 : Dénomination
Est crée entre les adhérents (es) une Association dénommée : Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs, en abrégé ACDIC, régie par la loi N°90/053 du 19 décembre 1990 portant liberté d'association.
Article 2 : Objectifs
L'ACDIC rassemble les adhérent(e)s pour les objectifs suivants :
* I. Expliquer, sensibiliser, former et informer les masses populaires sur les valeurs de la citoyenneté et les causes communes ;
* II. Faire des recherches, des études, des enquêtes sur les sujets touchant aux intérêts collectifs ;
* III. Faire œuvre de lobbying, de défense, de protection et de plaidoyer pour les causes sociales et les sujets d'intérêt collectif ;
* IV. Susciter et faciliter dans le souci d'un impact réel, des initiatives allant dans le sens des changements souhaits.
Article 3 : Siège Social
Le Siège Social est fixé à Yaoundé. Il pourrait être transféré hors de Yaoundé sur décision du comité exécutif. Des démembrements locaux / Régionaux pourront être crées en fonction des nécessités.
Article 4 : Composition
Les membres sont organisés en trois collèges :
* Le premier collège, collège des membres fondateurs ;
* Le deuxième collège, collège des membres adhérents (membres actifs) , réunissant les conditions prévues à l'article 7 et répondant aux critères définis par la Charte et le règlement intérieur ;
* Le troisième collège, collège des membres sympathisants, ne participant pas avec voix délibérative aux instances décisionnelles de l'ACDIC ;
Article 5 : Membres
L'association se compose de membres : personnes physiques et morales intéressées par ses buts / objectifs et engages respecter les textes organiques de l'association.
Les représentants des personnes morales sont désignés par les organes statutairement habilités pour le faire.
Article 6 : Membres Fondateurs
Sont membres fondateurs :
* Les personnes physiques qui ont souscrit aux présents statuts lors de l'assemblée constitutive et ont pris des responsabilités attestes dans l'acte de reconnaissance de l'association.
* Le SAILD en tant qu'institution ayant promu l'émergence de l'ACDIC
* Les membres fondateurs sont soumis aux mêmes obligations de membership que les membres actifs. ( cf art 7)
Article 7 : Membres actifs
Pour être membre actif, il faut réunir les conditions suivantes :
* Etre une personne physique ou morale témoignant un intérêt particulier à l'objet d'ACDIC et dont la personnalité est de nature à éclairer les objectifs et contribuer aux activités de l'ACDIC, telles que définies à l'article 2.
* Participer si nécessaire et régulièrement aux activités de l'ACDIC.
* S'acquitter des frais d'adhésion et régulièrement des frais de cotisation fixés conformément aux dispositions du règlement intérieure.
* Respecter les textes et les résolutions de l'association.
Article 8 : Membres Sympathisants
Peut être accepté comme membre sympathisant toute personne physique ou morale reconnaissant l'utilité de l'ACDIC et ne pouvant ou ne voulant pas pour une quelconque raison satisfaire les conditions d'acceptation comme membre actif.
La qualité de membre sympathisant est attribuée par le Comité Exécutif.
Article 9 : Liste des membres
La liste des membres est actualisée lors des assemblées générales ordinaires et/ou extraordinaires.
Article 10 : Perte de la qualité de membre
La qualité de membre se perd :
* par démission, pour tous les membres, sous réserve d'être à jour de leurs cotisations chues et de celles de l'année en cours ;
* par radiation prononcée par le Comité exécutif pour non-respect des textes organiques ou pour tout motif grave ; le membre mis en cause tant préalablement invité à s'expliquer devant le Comité Exécutif ;
* par décès.
Article 11 : Ressources
Les ressources proviennent :
* des droits adhésion et des cotisations des membres : fondateurs, actifs et sympathisants,
* des contributions diverses,
* des services et produits fournis par l'association,
* des produits de placements et de tout mode de financement non interdit par les lois et les textes en vigueur.
Article 12 : Organisation & Gestion
Les organes de l'ACDIC sont :
1. L'assemblée Générale
2. Le Comité Exécutif
3. Le Bureau Exécutif
4. Les Organes décentralisés.
Toutefois, l'ACDIC pourrait créer des groupes de travail spécialisés en fonction des besoins. Les membres du Comité Exécutif peuvent assumer des responsabilités dans ces groupes en fonction de leurs compétences.
Article 13 : L'assemblée Générale
L'assemblée générale est l'organe souverain de l'association. Elle définit les grandes orientations de l'association. Elle élit le Bureau Exécutif de l'association et les membres non statutaires du Comité Exécutif.
Elle est composée de délégués qui sont :
* Les représentants des adhérents suivant les modalités fixées en temps opportun par le Comité Exécutif ;
* Les représentants des personnes morales ;
* Tous les membres du Comité Exécutif ;
* Les membres des Bureaux Régionaux non-membres du Comité Exécutif. Les Bureaux hors Cameroun sont assimilés aux Bureaux Régionaux ;
* Le Président, le Vice-Président, le Secrétaire Permanent et le Trésorier du Bureau Départemental ou leurs mandataires membres du bureau.
L'assemblée Générale se réunit tous les quatre ans en session ordinaire sur convocation du président et sur la base d'un ordre du jour préalablement adopté en Comité Exécutif.
Toutefois en cas de nécessité, une assemblée Générale Extraordinaire peut être convoquée par le Président National ou par les 2/3 des membres du Comité Exécutif. L'ordre du jour est indiqué sur les convocations et ne peut-être modifié pendant les assises.
Article 14 : Le Comité Exécutif
Par délégation permanente de l'assemblée Générale, et dans l'intervalle de ses assises, le Comité Exécutif est l'autorité responsable de l'association. Il est garant de la politique de l'association. A cet effet il prend les décisions relatives à la gestion de l'association dans l'intervalle des assises de l'Assemblée Générale, en conformité avec les dispositions des textes organiques.
Il est composé de :
* Les membres fondateurs ;
* Les présidents, vice-présidents et secrétaires permanents des bureaux régionaux ;
* Deux représentants des membres-personnes morales ;
* Neuf membres lus.
Les membres du Comité Exécutif exercent leur mandat titre personnel et gratuit.
Le Comité Exécutif se réunit sur convocation du Président. Il tient chaque année une session ordinaire et peut se réunir en session extraordinaire à la demande soit du Président, soit de la moitié de ses membres adressée au Président. Le projet d'ordre du jour est indiqué sur les convocations. Le secrétaire permanent s'assure que les membres disposent des documents et informations nécessaires à une bonne contribution aux points inscrits à l'ordre du jour. Lors des sessions extraordinaires le comité traite du seul point justifiant la convocation de la réunion extraordinaire.
Les décisions sont prises à la majorité des membres présents ou représentants ; chaque membre présent ne peut recevoir plus de deux pouvoirs. En cas de partage de voix, la voix du Président compte double.
En cas d'incompétence, d'indiscipline, d'incapacité ou d'indisponibilité constatée pendant trois (03) mois d'un membre du bureau exécutif, le Comité Exécutif procède à son remplacement en attendant les prochaines élections. Le remplaçant doit être membre du Comité Exécutif.
Article 15 : Le Bureau Exécutif
Le Bureau Exécutif prépare, met en œuvre et suit les décisions du Comité Exécutif.
Il est composé de neuf (09) membres : les six (06) membres fondateurs, complétés par trois membres élus en Assemblée Générale. Il comprend :
* Un(e) Président (e)
* Un 1er Vice-président (e)
* Un 2ème Vice-président (e)
* Un Commissaire aux comptes
* Un Secrétaire Permanent
* Quatre Conseillers
Le bureau se réunit au moins une fois par mois sur convocation du président ou en cas de force majeur sur convocation de trois des autres membres du bureau.
Article 16 : Attributions des membres du Bureau Exécutif
16.1 : Le Président (e)
Il est le garant des idéaux de l'association, coordonne la mise en œuvre des activités, préside les assises du Comité Exécutif, les assises du bureau exécutif et les assises de l'Assemblée Générale. Il ordonne les dépenses et rend exécutoire les décisions de l'Assemblée Générale et du Comité Exécutif. Il initie les missions dont il reçoit les rapports écrits. Il est co-signataire des comptes de l'association. En cas d'empêchement, ses fonctions sont assurées par les Vice-Présidents dans l'ordre statutaire de préséance.
16.2 : Le Secrétaire Permanent
Il est responsable de la gestion administrative et financière de l'association et autres missions de gestion lui sont confiées par le Président. Il est soumis au statut du personnel.
16.3 : Le Commissaire aux Comptes
Il contrôle la régularité des comptes de l'association. Dresse les rapports de contrôle à l'attention du Comité Exécutif. Il peut être interpelé par l'Assemblée Générale.
Article 17 : Élections
Les élections au sein de l'association se déroulent par bulletin secret et la majorité simple. Les membres absents peuvent se faire représenter par un mandat dument signé. Un seul mandat par votant est admis.
Article 18 : Charte de l'association
Une charte est proposée par le comité Exécutif et approuvée par l'assemblée Générale. Elle définit le code de conduite des membres et responsables, et autres éléments de valeurs de l'association.
Article 19 : Règlement Intérieur
Un règlement intérieur est proposé par le Comité Exécutif et approuvé par l'Assemblée Générale. Ce règlement fixe les divers points non prévus par les statuts et en explicite ceux qui sont prévus.
Article 20 : Affectation des ressources
20.1 : Les ressources de l'association sont affectées par le Comité Exécutif pour :
1. a) Réaliser les activités conformément à son objet social ;
2. b) Couvrir les frais administratifs et de secrétariat de l'association ;
3. c) Réaliser toute activité mobilière ou immobilière nécessaire à la réalisation de ses objectifs ;
20.2 Les frais d'administration et de secrétariat seront maintenus dans des limites telles que les fonds d'activités restent largement prioritaires.
Article 21 : Représentation et Signature
L'association est engagée vis à vis des tiers par la signature de son Président. Il peut déléguer sa signature. Toutefois, les prélèvements financiers sur les comptes bancaires ouverts au nom de l'association se feront sous la signature conjointe de deux des trois signataires suivants : le Président, le Premier vice-président et le Secrétaire permanent.
Article 22 : Gestion et Contrôle
Pour la gestion de ses comptes, l'association est dotée d'un service comptable.
Le Commissaire aux comptes assure le contrôle interne.
Le Bureau exécutif veille à faire auditer les comptes de l'association ; l'auditeur externe étant désigné par le comité exécutif.
Article 23 : Dissolution
La dissolution de l'Association est prononcée par l'Assemblée Générale sur proposition du comité exécutif. Mais cette dissolution ne peut avoir lieu que si tous les membres fondateurs et les deux tiers des membres de léassociation lont approuvée par écrit.
Dans ce cas, le comité exécutif désigne un liquidateur chargé d'effectuer l'attribution des biens de l'association à des institutions analogues.
Statuts amendés et adoptés par l'Assemblée Générale extraordinaire du 18 octobre 2004
Au cours des vingt dernières années, une suite d'événements liés à la fois à la conjoncture internationale et locale, ont contribué à réduire la capacité des pays de la sous région d'Afrique Centrale à bénéficier des opportunités qu'offre l'agriculture pour améliorer les conditions de vie des populations et parvenir au développement.
Cette situation se manifeste par un certain nombre de faits : (i) La dictature des produits importés : Les études faites par l'ACDIC sur les filières d'importations de riz, maïs, lait, oignon, montrent que ces produits ont connus une hausse importante des importations dans les dix dernières années. (ii) La concurrence déloyale des produits importés : Ces produits subventionnés dans les pays d'origine sont vendus sur les marchés locaux à des prix de dumping. (iii) Le recul de la consommation des produits locaux : Dans un contexte de faiblesse du pouvoir d'achat des consommateurs, la préférence de ceux-ci va vers à l'achat des produits importés à bon prix, entraînant ainsi la mévente des produits concurrents locaux. (iv) Le recul de la production locale : Parallèlement la croissance des importations des produits alimentaires cités, la production locale des mêmes produits a connue une chute drastique. L'étude réalisée par l'ACDIC sur les filières de production des spéculations citées plus haut le confirme. (v) La corruption et le détournement des ressources affectes le secteur agricole. (vi) L'absence d'une véritable politique d'encadrement du producteur en milieu rural qui intègre qui tienne compte des réalités locales, de la situation des producteurs et des priorités paysannes.
Au-delà de cette incapacité des pays à satisfaire par eux-mêmes les besoins alimentaires de leurs populations, ceux-ci se trouvent la traîne du commerce mondial des produits agricoles. L'environnement institutionnel mondial régi par différents accords multilatéraux et bilatéraux tous orientés vers une plus forte libéralisation des économies n'offre pas toujours des opportunités pour une bonne insertion des pays sous développés dans le commerce mondial.
Dans ce contexte, l'ACDIC en sa qualité d'acteur de la société civile entant oeuvrée pour la préservation des intérêts de la majorité des populations actives dans le secteur agricole. Cela à travers la campagne pour la sauvegarde et la promotion de la souveraineté alimentaire. La présente manifestation, qui se veut un rassemblement pacifique et citoyen, constitue une des articulations du lancement public de ladite campagne.
1. Pourquoi le Sit-in ?
Depuis le milieu des années 80, le Cameroun est sous plan d'ajustement structurel. Dans cette position les bailleurs de fond et les institutions internationales ont une influence dans la définition, l'adoption et la mise en oeuvre des politiques de développement du pays, y compris toutes les politiques relatives au secteur agricole et rural.
Dans une dynamique actuelle de reforme de la politique de développement rurale du Cameroun, le rôle des institutions financières international est déterminant. Surtout pour ce qui concerne les orientations stratégiques et l'affectation des ressources y allouer.
C'est en guise de symbole que l'ACDIC entreprend de faire cette manifestation en face du siège de la Banque Mondiale qui est un agent dominant de la communauté financière internationale. Surtout au moment où le Cameroun bénéficie des ressources additionnelles issues de l'annulation de la dette dans le cadre de l'IPPTE.
Les objectifs poursuivis par cette manifestation sont :
Revendiquer la capitalisation du monde rural
Demander la solidarité des bailleurs de fonds par rapport aux subventions que l'Etat devrait accorder aux paysans producteurs agricoles.
2. Le Sit-in pour quel message ?
Des études conduites par l'ACDIC montrent que le développement du secteur rural et agricole dans les pays de la sous région passera forcément par :
Le soutien aux producteurs : des ressources incalculables ont été investies dans le secteur rural depuis les indépendances sans produire des résultats escomptés. L'ACDIC propose une réorientation des ressources financières pour une affectation directe aux producteurs.
La protection des marchés domestiques des produits agricoles : les produits agricoles et alimentaires subventionnés importés des pays développés, et vendus à des prix de dumping sur nos marchés, contribuent à destabiliser la production agricole locale. L'ACDIC propose un contingentement ou une réglementation des importations des denrées alimentaires en vue de l'augmentation de la compétitivité des produits locaux.
La consommation citoyenne : depuis quelques années on assiste à une extraversion des habitudes alimentaires et nutritionnelles de populations qui se tournent de plus en plus vers la consommation des produits importés. L'ACDIC propose une consommation citoyenne pour le développement local.
3. Comment se déroulera le Sit-in ?
Trois temps forts meubleront le sit-in :
Le rassemblement des manifestants
L'audience accordée par le Représentant Résidant une délégation de Représentant de la société civile de 8 pays de la CEEAC.
La restitution des résultats de léaudience aux manifestants
4. Quand ?
Vendredi, le 30 juin 2006 de 9 heures à 13 heures.
5. Qui prendra part au sit-in ?
La manifestation regroupera environ 3 000 manifestants. Notamment :
Les membres de l'ACDIC en provenance des dix provinces du Cameroun,
Les représentants des organisations membre du réseau Dynamiques Afrique Centrale en provenance du Gabon, de Centrafrique, du Tchad, du Congo, de la République Démocratique du Congo, du Burundi, du Rwanda
Les organisations paysannes, les producteurs agricoles et autres opérateurs économiques des filières connexes.
Les sympathisants de toutes les couches sociales.
6. Moyens d'action
Des supports seront utilisés pour véhiculer des messages citoyens et invitant à consommer ce que nous produisons et à produire ce que nous consommons . Notamment : les banderoles, les pancartes.
Un signe distinctif des manifestants (foulard ou bandeau) sera distribué avant la manifestation, pour s'assurer que des intrus ne viennent pas s'infiltrer.
Un dossier comprenant : les rapports d'études menées, un mémorandum présentant les requêtes de l'ACDIC, le film documentaire intitulé Souveraineté alimentaire : l'Afrique s'enfonce !, le vidéo clip de la chanson intitulée souveraineté alimentaire.
7. Mesures de sécurité
Une des clés de réussite de notre journée réside dans notre capacité à nous auto discipliner. Les activités prévues au cours de la journée du 30 juin 2006 sont placées sous le double signe de la CITOYENNETE et de la RESPONSABILITE.
Il s'agit d'activités légales qui exigent de nous un comportement irréprochable. Tous les participants au sit-in sont tenus de respecter les consignes qui leur seront données par le comité d'organisation.
Une équipe spéciale de l'ACDIC sera particulièrement chargée d'assurer la sécurité tout au long de la manifestation, en plus des forces de l'ordre.