Il y a deux ans, l'IPAVIC avec ses partenaires notamment le ministère de l'économie avait envisagé la mise sur pied d'un AGROPOLE pour volaille, dont l'objectif devait être la formation, la production, le financement des éleveurs, la transformation, le conditionnement et la commercialisation des produits avicoles. Le montant du projet, 4 milliards de FCFA. Malheureusement ce projet n'a toujours pas vu le jour puisque certains opérateurs économiques ont préféré fonctionner en solo et bénéficier individuellement des financements du ministère, au lieu de s'arrimer au modèle d'organisation que proposait l'IPAVIC : les chaînes d'abattage devaient former, encadrer et garantir un préfinancement aux éleveurs, acheter ensuite auprès de ces derniers, ce qui devait leur permettre de maitriser la chaine d'approvisionnement en matière première et d'être compétitifs. La preuve, des trois chaînes d'abattage au Cameroun, aucune ne fonctionne ne serait-ce qu'à 25% de ses capacités.
Pourtant l'industrialisation de la filière avicole serait un plus pour l'économie Camerounaise. En Tunisie, pays qui compte environ 20 millions d'habitants comme le Cameroun, la filière avicole est appelé filière stratégique et est le deuxième employeur après l'Etat, en plus la Tunisie compte 19 chaînes d'abattage. On comprend dès lors que le Cameroun est à la traine.
Les opportunités économiques sont pourtant nombreuses. La Guinée Equatoriale importe du poulet chaque année pour près de 27 milliards de FCFA et le Gabon environ 40 milliards. Des marchés qui nous échappent alors que ces pays sont limitrophes du Cameroun.
Autre chose, la filière ne peut pas se développer en vendant uniquement le poulet sur pied. En 2010, la force LINCORN basée au Tchad et au Soudan avait sollicité le poulet camerounais pour la nutrition de ses hommes, mais des contrôles sanitaires révèleront que le poulet abattu dans les chaines artisanales était impropre à la consommation (propos de Mr FOUDA SP IPAVIC) et le contrat n'a pas été signé.
C'est dire que l'industrialisation obéit aussi au respect des normes de qualité.
Les vendeurs de poulet sur pied n'ont cependant pas de souci à se faire ; l'industrialisation leur permettra de se reconvertir et de devenir tout simplement des vendeurs de poulet prêt à cuire.
Mais à quand le véritable décollage, alors que nous espérons être émergents en 2035 ? Peut être sans l'aviculture ?













