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Corruption et détournement au Minader :

 

L'ACDIC affirme, la Commission Nationale Anti Corruption (CONAC) confirme.

 

Les membres et sympathisants de l'ACDIC se souviennent encore du mardi 08 décembre 2008 lorsque le président de l'ACDIC et d'autres camarades ont été interpellés par la police et condamnés à la suite d'un procès à 2 mois d'emprisonnement avec sursis pendant trois ans pour avoir dénoncé le détournement des subventions destinées à l'exécution du projet maïs.


C'est en septembre 2008 que l'ACDIC constate que le prix du kilogramme de maïs a augmenté de manière considérable et qu'il coûte désormais 195 FCFA au lieu de 70 FCFA par rapport à l'année précédente. Elle décide alors de mener une enquête pour comprendre le phénomène. Chemin faisant elle découvre l'existence d'un programme au MINADER dénommé Programme National d'Appui à la Filière Maïs (PNAFM), financé à coup de milliards de FCFA. Les résultats de l'enquête nous révèlent que ce programme est gangréné par la corruption et les détournements, d'où l'idée d'organiser une marche le 08 décembre 2008 pour dénoncer cet état de chose et tirer la sonnette d'alarme.

En 2008 l'offre nationale en maïs (production + importation) est estimée à 1. 170 000 tonnes et la demande quant à elle est de 1. 230 000 tonnes soit un déficit de 60.000 tonnes et les prévisions estimaient à 120. 000 tonnes le déficit en 2009.

Les raisons de la crise de maïs observée en 2008 et qui perdure jusqu'aujourd'hui, sont entre autre : l'accroissement de la demande en maïs pour la consommation humaine, l'accroissement de la demande pour la consommation animale, l'accroissement de la demande extérieure, la sollicitation du Programme Alimentaire Mondial, l'inflation, la faible croissance de la production nationale, le prix élevé des intrants et la faible rentabilité de la culture du maïs soit 40 000 FCFA de marge bénéficiaire par hectare pour les petits producteurs et entre 10 et 30 000 FCFA de marge par hectare pour les grands producteurs.
Le rapport de la CONAC sur l'état de la lutte contre la corruption au Cameroun publié en novembre 2011 vient confirmer les allégations de corruption et de détournement avancées par l'ACDIC. Certes il y a une disparité au niveau des chiffres finaux puisque l'ACDIC estime à 1.200.000.000 FCFA le montant global détourné de la production du maïs entre 2006 et 2008 alors que la CONAC évalue ces détournements à 611.269.555 FCFA. Ceci est compréhensible dans la mesure où l'ACDIC a mené son enquête auprès de 288 GIC et associations, alors que la CONAC n'a enquêté qu'auprès de 97 GIC. L'ACDIC reste dont dans une situation fort confortable.

Le hic aujourd'hui est qu'aucun des 48 personnes suspectées de détournement dans le cadre du programme maïs n'a fait l'objet de poursuites judiciaires. Des 48 personnes indexées, 2 sont décédées, 10 ont été promus, 8 ont déjà eu droit à la retraite et le reste est en fonction.

L'ACDIC reste très sceptique quant à la suite à donner à ce rapport. Cet état d'esprit est résumé dans les propos du président Bernard NJONGA dans MUTATIONS n° 3035 du 17 novembre 2011 : « Ce rapport dénonce et donne une série de faits de corruption et de détournement très graves. Nous souhaitons qu'on aille très rapidement jusqu'au bout avec la mise en évidence de la culpabilité réelle des incriminés et que les sanctions soient effectives. Je n'attendrais pas plus. Si cela est fait dans ce Cameroun et en toute objectivité, je tendrais les mains en l'air, en disant : ouf !!! On aurait fait un pas de géant dans la lutte contre la corruption. En dehors de ça, il y aura rien». Claude Batindi

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