La rareté du maïs et la cherté de certains ingrédients entrant dans la composition de la provende, semblent n'avoir découragé ni l'IPAVIC ( Interprofession Avicole du Cameroun), ni les éleveurs. L'IPAVIC a bel et bien démarrée ses marchés témoins le 21 décembre comme annoncé malgré des manquements criards sur le plan de l'organisation et de l'approvisionnement en poulet de chair. Certaines ménagères rencontrées sur le site principal du marché Nkomkana nous ont livré des sentiments de satisfaction très mitigés. Le prix homologué par poulet est de 2 400 FCFA, assez abordable, bien que légèrement supérieur à celui qui était pratiqué l'année dernière et qui était de 2 200 FCFA. De leur côté, les éleveurs se sont battus à leur manière pour approvisionner les marchés en poulet pendant les fêtes de la nativité et de nouvel an. Les paniers et cages de poulets sont de plus en plus fournis ; les prix varient entre 2 800 (poulets de moins de 1,8 kg) et 6 500 FCFA pour les poulets de plus de 4 kg.Ce tableau reluisant est malheureusement terni par le poulet congelé importé qui a décidé de faire irruption dans nos plats. Ce poulet, interdit par la loi est impropre à la consommation, en plus il fait concurrence au poulet camerounais de qualité nettement meilleure. L'ACDIC interpelle les pouvoirs publics à plus de vigilance.
Peut-être que bientôt le cri de l'ACDIC recevra un écho favorable, puisque mercredi 21 décembre, le président national de l'ACDIC a conduit sur le terrain une équipe de reporters du quotidien d'Etat « Cameroon Tribune ». L'objectif était de confirmer la présence du poulet congelé sur nos marchés et de démontrer la volonté des opérateurs économiques camerounais à investir dans la filière avicole. L'équipe s'est rendue au marché Mvog-Mbi où elle a rencontré des vendeurs de poulet congelé très enjoués et sans état d'âme. Ensuite le cap a été mis sur Nkomassi, quartier situé dans l'arrondissement de Yaoundé 7 où nous avons visité une chaine d'abattage automatique de poulets, ultra moderne, étendue sur une superficie de près de 4 hectares, avec une capacité d'abattage de 1000 poulets par heure. Malheureusement depuis des mois cette usine est à l'arrêt, confrontée aux problèmes d'approvisionnement en matière première dont en poulet à abattre. Un palliatif a été trouvé par les promoteurs de ce projet, produire eux-mêmes 40 à 50% de leur demande en poulet. A titre d'exemple, pour les fêtes de fin d'année, ils mettront environ 20 000 poulets de chair à la disposition des ménages.
Il faut rappeler que le Cameroun compte aujourd'hui trois chaines d'abattage de cette envergure. Mais pour « botter en touche » le poulet congelé importé, il faudra produire en très grande quantité et compter sur la sensibilisation et la conscientisation des populations.













