Ils sont nombreux ces camerounais qui aimeraient déguster un bon bar braisé, fraichement sorti des eaux de Youpwé sur les berges du fleuve Wouri. Mais combien sont-ils capables d'assouvir un tel désir ? Juste une poignée assurément, car le poisson frais se vend aujourd'hui à prix d'or.
Le Cameroun est pourtant bien lotit. Avec ses 350 Km de côte, des ouvertures sur la mer, les fleuves, les lacs, sans compter les étangs, le Cameroun devait pouvoir mieux profiter de ses eaux. Malheureusement la pêche industrielle reste embryonnaire et la pisciculture locale est très peu développée. On estime la Production nationale à 190 000 tonnes dont :
- 10 000 tonnes en pêche industrielle
- 93 000 tonnes en Pêche artisanale maritime
- 75 000 tonnes en pêche continentale
- 8 000 tonnes en pisciculture
Cette production reste très insuffisante en rapport avec la demande nationale annuelle qui avoisine les 450 000 tonnes.
La confluence de deux facteurs, la cherté du poisson frais et la cherté de la viande de bœuf amène de nombreux ménages à se tourner vers les « poissons morts », bon marché et à la portée de toutes les bourses. On a vu prospérer ces dernières années de nombreuses enseignes telles que Congelcam, Queen fish ou encore Cameroon fish. Les promoteurs de ces structures sont devenus en quelques années des hommes d'affaires puissants parce qu'exerçant dans un secteur où la demande est sans cesse croissante.
En neuf mois seulement, le Cameroun a importé 178 000 tonnes de poisson, loin des 152 000 tonnes importées en 2010. A cette allure, les importations de poisson en fin d'année seront largement supérieures aux 217 000 tonnes importées en 2009, année record.
La quantité de poisson importé dénote de l'envergure de la demande nationale. En boostant la production nationale de poisson, une occasion de plus nous est donnée de créer des emplois. Car il faut bien que les futurs diplômés de la faculté des sciences halieutiques de l'université de Douala trouvent des débouchés. Pour ce faire, l'Etat devrait prendre un certain nombre de mesures : la mise en place d'un système de subvention de la pêche industrielle et artisanale, la défiscalisation du gasoil et la garantie d'un accès gratuit au port pour les navires de pêches nationaux.
Claude Batindi













