Deux semaines après, rien n'a changé. Si oui, devanture des tracteurs nettoyée à l'occasion de la visite du ministre, et l'accès au site rendu plus difficile.
Tracteurs de la honte
Nous sommes le mercredi 1er février 2012. Il y a trois semaines jour pour jour que l'ACDIC a alerté l'opinion de la situation des tracteurs abandonnés dans la broussaille à Ebolowa et deux semaines que la mission instruite par le chef d'Etat et conduite par le MINPLADAT a effectué la descente sur le site.
Nous avions promis de tenir l'opinion informée des évolutions de la situation de ces tracteurs chaque deux semaines. Nous arrivons sur le site et il nous faut user de tous les stratagèmes pour qu'on nous fasse visiter. Incontestablement, les photos qui ont fait le tour du monde sont restées dans la mémoire de tous les vigiles du site, ce d'autant plus que les gardiens qui furent de faction ce jour ont été sévèrement punis. Personne ne souhaite suivre leur exemple. Les gardiens du jour nous racontent ces mésaventures pour nous conseiller de ne pas insister.
Déjà qu'ils disent ne pas nous connaître, comme s'ils s'imaginaient que nous soyons ces journalistes qui par ces photos leurs ont fait tant de tord. Nous, nous ne disons mot. Ils nous laissent entendre qu'ils ont appris que ces visiteurs de malheur avaient filmé les engins avec leur téléphone portable. Nous sautons sur l'occasion pour brandir notre appareil photos tout en leurs disant que nous sommes des touristes en partance pour la Guinée équatoriale suivre les matchs de la coupe des nations de football.
Du coup l'atmosphère devient joyeuse et on commente quelques matchs passés. Ah ! La magie du football. Sans qu'on ne comprenne comment et pourquoi, c'est en marchant que les échanges s'animent. Alors que nos oreilles et nos bouches rendent la politesse à nos hôtes, nos yeux balayent l'usine et les tracteurs et communiquent les moindres détails à notre mémoire.
Aucun changement notable ne se décèle dans le décor de l'usine depuis notre dernier passage. Sauf qu'à l'occasion de la visite du ministre, on a vite fait débroussaillé les devantures des tracteurs. Aucun tracteur n'a été déplacé. Les engins à l'arrière sont encore dans les herbes qui, à bien voir ont encore poussé avec les deux dernières pluies qui sont venues annoncer l'éminence de la fin de la saison sèche.
Quid du hangar à construire ? Rien.
Quid de la distribution des tracteurs ? Rien. Aucun engin ne s'est tiré de ce milieu qui à plus d'un égard est hostile pour ces quatre roues.
Quid de l'arrêt des montages recommandés ? C'est le statuquo Antée. Voilà où en était l'usine ce premier février 2012. Qu'en sera-t-il dans deux semaines ? Wait and see.
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