A peine créée, Actions Paysanne fait déjà face aux persécutions. Une fois de plus, une rencontre regroupant les paysans vient d'être interdite ce mardi 05 juillet 2011 à Mboma, 250 km à l'Est de Yaoundé au cœur d'un village forestier.
Qu'est ce qui a bien pu piquer ce Sous Préfet pour qu'il interdise cette rencontre de paysan sous le motif nous citons : « permettre à l'autorité administrative d'avoir une idée beaucoup plus claire sur le fonctionnement et l'organisation de la Fédération des Unions des Groupements Paysans de Mboma dont vous êtes le Président » ; et pourtant, M. ABAM MYASSE, Président de l'Union des groupements et principal responsable de l'organisation de cette assemblée était clai non seulement d'inviter M. le Sous Préfet de leur faire l'honneur de présider la cérémonie d'ouverture, mais aussi, d'affirmer dans sa lettre de demande d'autorisation que l'objet de cette rencontre sera de discuter avec les partenaires pour :
- Le renforcement du dynamisme des structures paysannes ;
- Le renforcement des capacités et la réalisation des projets de développement et bien d'autres aspects importants.
De quoi le Sous Préfet avait –il vraiment peur pour interdir une telle rencontre ?
Le 31 mai à Yaoundé, une rencontre regroupant les paysans avait été interdite pour motif de trouble à l'ordre public.
Dans ce village de Mboma comme nous vous l'avons dit à 250 km de Yaoundé, l'ordre public était il tant que ça ménacée qu'on interdise aux producteurs de se réunir à la limite dans leurs champs ? On reste sans voix.
Une chose est sûre, ce Sous Préfet n'oubliera pas de si tôt ce quart d'heure qu'il a passé avec nous dans son bureau à chercher à nous expliquer l'inexplicable.
La quinzaine de journaliste de la presse écrite et de la télé présente, les différents leaders paysans présents et nous de l'ACDIC ne lui avons fait aucun cadeau. L'objectif recherché par les uns et les autres étant loin de faire la peau de ce Sous Préfet, mais plus et encore plus de commencer avec ce qui s'est passé à Mboma, de se battre afin que cette race de Sous Préfet qui brime et méprise les paysans disparaisse du milieu rural camerounais.
Après ce passe d'arme à la Sous préfecture, la rencontre paysanne s'est néanmoins tenue avec quelques paysans courageux qui ne s'étaient pas démobilisés après l'annonce de la manifestation.
76 paysans au total seront présents à l'échange, 55 (85 %) d'entre eux se sont engagés à adhérer à Action Paysanne, 20 (30 %) ont payé leurs frais d'adhésion, et 6 (8 %) se sont engagés à participer à la réunion du 12 à Yaoundé à leurs frais.
Bernard Njonga, Président National ACDIC
Réactions
Jean Georges Etelé, Coordinateur national de « ACTIONS PAYSANNES »
Chers amis,
Les paysans camerounais sont flattés et encouragés par les conseils et le soutien moral que vous manifestez à travers les correspondances qui parviennent à Bernard depuis le 31 mai 2011.
Nous sommes de plus en plus conscients de l’immensité de la tâche qui nous attend. Par deux fois, les paysans vivent en direct les frustrations qu’ils percevaient de manière feutrée. Nous étions hier à Mboma, un arrondissement du département du Haut Nyong dans la région de l’Est. Pour une raison à la limite ridicule, le sous préfet du coin a refusé la tenue d’une réunion de développement initiée par les paysans et qu’il avait l’honneur de présider personnellement selon les documents en notre possession.
Ce refus a non seulement démoralisé tous les paysans qui étaient sensibilisés à plus de 50km de rayon et qui s’étaient déplacés, mais rendus morose et tendue une journée qui pourtant était pensée studieuse et conviviale.
Encore une fois, le malheur a voulu que plus de 76 paysans outrepassent les menaces de la gendarmerie en tenant notre réunion qu’ils ont conduit à termes avec une cinquantaine d’adhésion spontanées à l’Association « ACTIONS PAYSANNES ».
Une liste de 11 paysans nous a été délivrée comme étant ceux là qui doivent dépenser plus de 15.000 Francs CFA pour assister à une réunion stratégique le 12 juillet 2011 à Yaoundé, en prélude à la manifestation prévue le 30 août 2011.
Face à l’ampleur de l’embrigadée de la population surtout paysanne, nous sommes appelés à construire rapidement une solidarité paysanne agissante avec ceux qui croient en un avenir prospère de ce pays dans l’équité. Ce n’est certes pas un travail facile lorsqu’on se trouve confronté aux opportunités de toutes sortes et aux pesanteurs institutionnelles qui annihilent toute volonté de compréhension, d’engagement et disponibilité.
C’est l’occasion pour nous de solliciter d’avantage de soutien moral, peut être matériel et financier de votre part afin de mobiliser efficacement les volontés qui se dégagent et sont prêtes à se donner à fond pour renverser la vapeur.
Il nous est nécessaire d’être renforcés dans :
- Les capacités techniques du plaidoyer, du lobbying pour aborder les autres acteurs de la société
- Les capacités managériales de grosse machine que nous avons mise en place sur un coup de tête émotionnel
- Les capacités de mobilisations des paysans afin que notre coup d’essai deviennent un coup de maître.
Je profite de la circonstance pour dire merci à Bernard qui avec l’ACDIC, joue le rôle d’appui technique de renforcement des capacités avec les moyens de bord.
Salutations fraternelles des paysans camerounais
Monique NOARE, Trésorier générale de « Actions paysannes »
Aller rencontrer les paysans dans leur milieu, les voir vivre et les écouter de près. En cela ce fut un voyage très passionnant. Ce qui m’a particulièrement marqué lors de ce voyage, c’est l’interdiction de leur réunion par le sous préfet. Cela m’a donné cette impression que les paysans de Mboma n’étaient pas libres. Ils ont donné l’impression d’être sous influence. Le sous-préfet m’a aussi semblé être fermé et sous influence de lobbies ou groupes locaux. Toute cette situation m’a non seulement interrogé sur la liberté d’expression au Cameroun, mais aussi sur l’autonomie financière dont on nous parle dans les médias. Toute chose qui ne devrait pas décourager les paysans. Car l’union fait la force. Les paysans doivent ce mettre ensemble pour crier haut et fort et réclamer tout ce qui leur revient de droit. Autre chose qui m’a marqué c’est que malgré l’interdiction, les paysans ont tenus leur réunion et les échanges avec tous les autres ont eu lieu.
Que vive le milieu rural ! Vive le milieu paysan.
Valséro, Responsable département mobilisation et manifestation, ACDIC
Content qu’au finish on ai tenu la réunion avec les paysans de Mboma. Malgré les difficultés causées par l’autorité administrative (Sous-préfet). J’ai beaucoup rigolé lorsqu’il s’est senti agresser par des journalistes. Surpris par le mauvais état de la route, on a découvert une région très enclavée. Une gendarmerie à deux gendarmes et une accessibilité quasi impossible au réseau GSM.
Manebiliga Francine, Communicatrice, ACDIC
Parcourir autant de kilomètres, en se rendant compte de la différence entre nous, qui vivons en zones urbaines, et les autres du milieu rural a été une expérience enrichissante. Non pas pour avoir dû supporter les aléas du voyage, mais pour avoir rencontré des personnes normales, comme nous, et qui au final ont les mêmes préoccupations que nous. Ils comprennent la nécessité de ce joindre au mouvement citoyen, car ils le sont aussi à part entière.Je me suis sentie chez moi parmi eux, et je suis fière qu’ils se soient si bien appropriés du combat de « ACTIONS CITOYENNES ». je sais désormais ce dont ils sont capable, et ce qu’ils attendent de cette nouvelle organisation.
Il ya du pain sur la planche.
Jessie Lafourcade, stagiaire ACDIC
Journée enrichissante, de part le contexte houleux du fait de l’annulation de la mobilisation, mais aussi par la vivacité des échanges et des discussions, qui ont mis en évidence la volonté des paysans de développer leurs activités en mettant fin aux rivalités entre et au sein des différentes organisations.
De plus, les propositions faites par Bernard Njonga de développer en grande quantité le maïs dont la farine servira à la production du pain enrichi, l’adhésion à « ACTIONS PAYSANNES » présentée par le coordinateur nation Jean Georges Etelé ont nourri les débats et suscité la détermination des paysans de Mboma (Région de l’EST) à défendre leur cause.
100_1171
100_1172
100_1173
100_2898
IMG_4403
IMG_4407
IMG_4408
IMG_4413
IMG_4428
IMG_4437
IMG_4459
IMG_4556
IMG_4559













