En 2011, les importations sont en hausse. 220 000 tonnes, 150 milliards de FCFA. Deux gros importateurs. La pisciculture locale est morte. Plusieurs projets sont abandonnés.
2008, émeutes de la faim. Poisson 700/kg, huile 500/l, maïs 190/kg. Aujourd'hui ces produits coûtent 1200, 800, 250. Au Cameroun, vie toujours plus chère.
Nul ne sait quand semer. La météorologie nationale morte depuis 22 ans. 3 sur 58 stations fonctionnent. Cameroun, dernier sur 186 pays
Quel temps fera t-il demain ? Quand faut-il semer ? Quelle est le calendrier agricole camerounais ?
Autant de question que personne aujourd'hui au Cameroun ne peut répondre - et pour cause. Les différentes stations météorologiques qui l'auraient permis, sont dans un état de délabrement et de disfonctionnement très avancé au point que certains disent que la météorologie nationale était morte depuis 22 ans.
Les services météorologiques au Cameroun sont gérés par le Ministère des Transports qui a une Direction de la Météorologie Nationale et un budget de 8,5 milliards (2012). Ils ont pour fonction de donner les indications sur le climat, la pluviométrie, l'humidité de l'air et du sol, la vitesse et la direction du vent, la température, l'ensoleillement... bref, tout ce qui concourt à donner une idée du temps présent et futur. Pour ce faire les stations météorologiques sont installées dans différentes régions du pays et équipées d'appareils de mesure spécialisés qu'on appelle données météorologiques. En dehors du transport aérien, pour lequel les données météo sont indispensables, l'agriculture est l'un des principaux utilisateurs de la météo en ceci qu'elle permettrait de déterminer avec exactitude le calendrier agricole. A titre d'exemple, si nous sommes le 15 mars et connaissons qu'il pleuvra le 20 mars, les semis peuvent débuter dès le 16 mars, étant donné qu'il pleuvra le 20.
Selon un communiqué du Cercle de Concertation de la Société civile Partenaire du MINFOF/MINEP (CCSPM), sur 58 stations météorologiques gérées par le Ministère des Transports, 55 sont hors service depuis belle lurette et 03 fonctionnent en deçà de l'acceptable. Leurs infrastructures sont désuètes, les équipements, les instruments de mesure et d'observation sont incomplets et anciens, le personnel technique qualifié est quasi inexistant. Sur les 59 météorologistes au Cameroun en 2010, il n'y a aucun ingénieur. Au cours de l'année 2011, 9 sont allés en retraite et 15 autres iront en retraite entre 2012 et 2015, précise le communiqué. De même, sur 600 postes climatologiques et pluviométriques seuls 35 seraient d'usage. Plus grave, l'Organisation Mondiale de la Météorologie classe le service de la Météorologie du Cameroun dernier des 186 pays membres.
Un sombre tableau que nous avons pu vérifier entre Yaoundé et Ebolowa, en passant par Bafoussam, Nkongsamba, Douala et Edéa. (Photos).
Alors qu'à la station météorologique de Bafia, la broussaille a envahi l'abri qui n'abrite rien du tout, à Nkongsamba la chèvre broute là où elle est attachée, sur le pluviomètre s'il vous plaît. Pour dire que dans cette station où le pluviomètre est l'un des derniers appareils survivants, il y a de l'herbe. A Edéa, le tableau est différent mais reste pitoyable. Les locataires de la station météo n'ont pas trouvé mieux que de transformer l'enclos de la station en sèche linge. A Nkoemvone/Ebolowa, c'est encore pire. L'état de délabrement de la station a fini par toucher le moral du personnel qui voit en tout visiteur, l'espoir d'une résurrection de la station : « Ce poste météorologique était le fleuron de cette station de recherche. Regardez ce à quoi ça ressemble aujourd'hui. Tout est foutu. Si vous pouvez faire quelque chose pour le sauver. » Nous dira Mr Damien Eyenet – ancien de la station. Il a de quoi se consoler s'il allait à Ekona par Buea où la station a purement et simplement été abandonnée dans la broussaille.
Une exception cependant qui mérite d'être saluer : La station météorologique du CARBAP à Djombé dont le standard international est respectée à la règle et qui nous a donné l'occasion de voir ce à quoi ressemble une vraie station météo. Pour dire que si on veut, on peut.
Dans la plus part des pays - africain de surcroit - un bulletin météo est donné plusieurs fois par jour à la télé ou à la radio par des spécialistes, et chacun sait s'en servir suivant ses besoins.
Tout un luxe dont les Camerounais n'ont pas droit depuis plus de 20 ans que les données météorologiques ont disparu des tranches d'informations. C'est à se demander si les enfants nés ces trente dernières années connaissent ce qu'est la météo. Ainsi va le Cameroun !
Vivement que les informations du genre : « demain, le ciel sera nuageux sur la moitié Est du pays, de Nanga Eboko jusqu'à Yokadouma. Il fera 23°C à Ebolowa, 29° à Touboro, 21° à Wum. Les vents forts balayeront le Nord du pays d'Est en Ouest..... » reviennent dans nos medias.
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Ouf ! Tous les tracteurs déjà sortis des herbes. Hangar déjà en construction. Répartition des tracteurs annoncée. Site sécurisé.
Depuis la dénonciation par ACDIC-INFO en ce mercredi 18 janvier 2012 de ce qu'on avait appelé « scandale d'Ebolowa », parlant des 750 tracteurs abandonnés depuis 12 mois dans les herbes sous le soleil et la pluie, beaucoup d'eau a coulé sous le pont.
Petits producteurs, 97% manqueront encore de semence cette année. Attention ! La pénurie de maïs en 2012 pourra faire mal.
545 000 tonnes de riz importés en 2011 pour 145 milliards de FCFA. En 2010 on n'avait importé que 350 000 tonnes. Augmentation de 35%. YES !
Le Cameroun a importé 545 000 tonnes de riz en 2011, pour 145 milliards de FCFA. En 2010, les importations de riz étaient de 350 000 tonnes. Soit une augmentation de 35%. Le 30 novembre 2011, l'ACDIC à travers un message SMS, annonçait à la communauté camerounaise et internationale que les importations de riz en 2011 allaient atteindre voire dépasser le cap de 500 mille tonnes.
Deux semaines après, rien n'a changé. Si oui, devanture des tracteurs nettoyée à l'occasion de la visite du ministre, et l'accès au site rendu plus difficile.
Nous sommes le mercredi 1er février 2012. Il y a trois semaines jour pour jour que l'ACDIC a alerté l'opinion de la situation des tracteurs abandonnés dans la broussaille à Ebolowa et deux semaines que la mission instruite par le chef d'Etat et conduite par le MINPLADAT a effectué la descente sur le site.
Nous avions promis de tenir l'opinion informée des évolutions de la situation de ces tracteurs chaque deux semaines. Nous arrivons sur le site et il nous faut user de tous les stratagèmes pour qu'on nous fasse visiter. Incontestablement, les photos qui ont fait le tour du monde sont restées dans la mémoire de tous les vigiles du site, ce d'autant plus que les gardiens qui furent de faction ce jour ont été sévèrement punis. Personne ne souhaite suivre leur exemple. Les gardiens du jour nous racontent ces mésaventures pour nous conseiller de ne pas insister.
Déjà qu'ils disent ne pas nous connaître, comme s'ils s'imaginaient que nous soyons ces journalistes qui par ces photos leurs ont fait tant de tord. Nous, nous ne disons mot. Ils nous laissent entendre qu'ils ont appris que ces visiteurs de malheur avaient filmé les engins avec leur téléphone portable. Nous sautons sur l'occasion pour brandir notre appareil photos tout en leurs disant que nous sommes des touristes en partance pour la Guinée équatoriale suivre les matchs de la coupe des nations de football.
Du coup l'atmosphère devient joyeuse et on commente quelques matchs passés. Ah ! La magie du football. Sans qu'on ne comprenne comment et pourquoi, c'est en marchant que les échanges s'animent. Alors que nos oreilles et nos bouches rendent la politesse à nos hôtes, nos yeux balayent l'usine et les tracteurs et communiquent les moindres détails à notre mémoire.
Aucun changement notable ne se décèle dans le décor de l'usine depuis notre dernier passage. Sauf qu'à l'occasion de la visite du ministre, on a vite fait débroussaillé les devantures des tracteurs. Aucun tracteur n'a été déplacé. Les engins à l'arrière sont encore dans les herbes qui, à bien voir ont encore poussé avec les deux dernières pluies qui sont venues annoncer l'éminence de la fin de la saison sèche.
Quid du hangar à construire ? Rien.
Quid de la distribution des tracteurs ? Rien. Aucun engin ne s'est tiré de ce milieu qui à plus d'un égard est hostile pour ces quatre roues.
Quid de l'arrêt des montages recommandés ? C'est le statuquo Antée. Voilà où en était l'usine ce premier février 2012. Qu'en sera-t-il dans deux semaines ? Wait and see.
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Les photos des tracteurs abandonnés dans la broussaille, sous la pluie et le soleil depuis 12 mois à Ebolowa ont fait le tour du Cameroun et du monde via internet.
Les photos des tracteurs abandonnés dans la broussaille, sous la pluie et le soleil depuis 12 mois à Ebolowa ont fait le tour du Cameroun et du monde via internet. Tous les medias locaux ont pris le relai et le scandale a soulevé l'indignation totale des populations.
750 tracteurs abandonnés dans les herbes sous la pluie et le soleil depuis 12 mois. Or début de la campagne agricole est dans un mois.
Pour la petite histoire, tout commence en 2006, quand le gouvernement indien fait don au Cameroun de 60 tracteurs de marque Sonalika aux fins des tests d'adaptabilité agro écologiques. Le but recherché étant d'implanter une chaine de montage des tracteurs de cette marque au Cameroun si les tests s'avéraient concluants.
Au Cameroun, que l'on soit au village ou en ville, l'eau potable se fait rare. Les robinets sont asséchés depuis plusieurs semaines. Conséquences, risques de maladies diarrhéiques et de choléra.