Le ministère de l'agriculture, devenu aujourd'hui ministère de l'agriculture et du développement rural n'existait pas jusqu'en 1972. Il verra le jour dans le cadre de la réorganisation administrative qui s'est imposée au gouvernement après l'unification du Cameroun en cette année soixante douze.
Parmi les grandes décisions de ce jeune ministère, la transformation des comices départementaux en comices nationaux figurera en bonne place. Tout à l'honneur des producteurs pour qui les comices étaient cette espèce de fêtes paysannes au cours desquelles ils échangent entre eux, et font montre de leur savoir faire et de leur savoir être.
La première édition de ces comices eu lieu à Buea en 1973. D'un coup d'essai, ce fut le coup de maître, au point d'inciter l'autorité administrative à envisager la seconde édition l'année suivante en 1974. La ville de Ngaoundéré eu le privilège de l'organiser. Au cours de cette manifestation grandiose, il fut décidé que cette fête du monde rural sera désormais organisée tous les trois ans. Rendez-vous fut pris pour Bafoussam à l'Ouest en 1977, puis viendra le tour de Bertoua à l'Est en 1981, Bamenda dans le Nord-ouest en 1984, Maroua dans l'extrême-nord en 1988.
Le comice d'Ebolowa prévu en 1991, fut reporté à moins trois jours par un communiqué laconique lu à la radio. Les délégations des régions éloignées qui avaient déjà pris la route devaient débourser chemin avec rêves et bagages pour rentrer attendre chez eux. Une attente qui, mine de rien, durera 20 ans, jusqu'à cette nuit du 31 décembre 2009 lorsque le chef d'état dans son discours de fin d'année à la nation annonce la tenue de ce comice, dit-il : « pour stimuler l'essor du monde rural, un comice agropastoral sera organisé à Ebolowa en 2010 ». Pour des raisons d'amateurisme et d'impréparation, ce comice se tiendra finalement en janvier 2011.
Les lampions se sont finalement éteints sur le village du comice à Ebolowa, au soir du 22 janvier 2011, sans que l'on sache quand et où se tiendra le prochain comice agropastoral. La déception était palpable auprès de ceux qui attendaient une annonce dans ce sens.
A quel niveau le problème se situe-t-il ? Est-ce une incapacité des fonctionnaires du ministère de l'agriculture à mettre en place une politique agricole prospective ? La faute est-elle à la « stricte discipline budgétaire à laquelle nous sommes contraints » selon les propos du chef de l'état lors de son discours inaugural au comice d'Ebolowa ? La formule des comices agropastoraux itinérants n'est-elle pas onéreuse ? Telles sont les nombreuses questions que l'on peut se poser.
La solution serait peut-être de calquer le modèle du Salon International de l'agriculture organisé en France, qui se tient tous les ans, à la même période, dans la même enceinte et surtout dans une ville qui offrent aux nombreux visiteurs des infrastructures d'accueil, de transport et sanitaires adéquats.
Pour une réduction substantielle des coûts d'organisation, la ville de Yaoundé qui remplit à quelques exceptions près ces exigences, pourrait être retenue pour abriter cet événement et devenir ainsi en l'espace de quelques jours la capitale du monde rural.
Ne perdons pas de vue, les comices agropastoraux constituent un socle important sur lequel le Cameroun doit s'appuyer pour espérer développer le monde rural et créer l'émulation au sein des populations paysannes. Claude Batindi













