Dix jours après les journaux continuent d'en parler avec la même passion, pendant que le président national de l'Acdic, Bernard Njonga, est pratiquement otage des journaux, radios et télévisions sollicitant qui une interview, qui la participation à un plateau de débats sur la question. L'information a circulé sur pratiquement toutes les chaînes de télévisions nationales.
L'opinion publique a mêlé sa voix à celle de ces média pour réclamer des sanctions. C'est ainsi que hommes et femmes de tous horizons sociaux appellent les radios pour donner un point de vue et surtout exprimer leur indignation.
Le gouvernement a promptement réagit, 48 h seulement après les révélations de l'Acdic. Au lendemain de la publication du scandale, ce qui n'est pas dans ses habitudes. En effet le chef de l'Etat a dépêché une mission gouvernementale d'évaluation de la situation à Ebolowa.
C'est ainsi que le ministre de l'Economie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Djoumessi s'est rendu le 20 janvier 2012 sur le site de construction du hangar de montage et visité le champ des tracteurs montés.
Les premières mesures conservatoires prises lors de cette descente du Minepat à Ebolowa sont :
- La construction immédiate des abris pour protéger les premiers tracteurs.
- L'arrêt momentané du montage des nouveaux tracteurs.
- La création d'un comité de suivi présidé par le gouverneur de la Région du Sud.
- La distribution des tracteurs aux producteurs.
Cette dernière mesure tant attendue comporte cependant des zones d'ombre. Le Minepat a parlé d'une cession « à titre gratuit ou onéreux ». Comme on peut le constater les critères ne sont pas donnés pour dire clairement qui peut prétendre en bénéficier gratuitement ou acheter et à combien.
Nous avons glané quelques informations sur les propositions qui avaient été faites il y a quelques temps mais qui apparemment ne sont pas encore définitives. Elles disent ceci :
Pour les requêtes individuelles des producteurs agricoles :
- Etre de nationalité camerounaise (certificat de nationalité) et âgé de 18 ans au moins.
- Produire une attestation délivrée par un ingénieur d'agriculture, de la possession d'une exploitation agropastorale et/ou d'une superficie permettant d'exploiter judicieusement le tracteur sollicité
- Présenter un business plan de son projet de production
Pour les requêtes des groupes de producteurs :
- Etre de nationalité camerounaise
- Présenter un acte légal de leur reconnaissance,
- Présenter une attestation délivrée par un ingénieur d'agriculture, de la situation exacte des exploitations actuelles (superficie, localisation, production actuelle, niveau de réalisation des activités) dont le cumul permet l'exploitation du tracteur sollicité.
Pour les requêtes de jeunes agriculteurs :
- Etre de nationalité camerounaise (certificat de nationalité) et âgé entre 18 et 35 ans
- Produire une attestation délivrée par un ingénieur d'agriculture, de la possession d'une exploitation agropastorale et/ou d'une superficie permettant d'exploiter judicieusement le tracteur sollicité
- Présenter un business plan de son projet de production.
Lorsqu'on sait que 97 % de nos exploitations agricoles ne dépassent pas d'un hectare, que cette taille ne peut justifier la possession d'un tracteur qui serait largement déficitaire, on comprend que ces 97 % seront exclus du partage.
Par ailleurs lorsqu'on connaît le phénomène des Gic fictifs on se demande à quels Gic seront accordés des tracteurs. La probabilité que ces engins se retrouvent, comme certains de leurs 60 ancêtres de 2006, sous des bâches dans des villas ministérielles est grande.
Quant à la visite elle-même, quel spectacle ! Personne n'avait véritablement préparé cette descente et le ministre Nganou Djoumessi de demander à l'entrepreneur si celui-ci croyait qu'il était en promenade à Ebolowa. Surpris par une série de question sans réponse concrète sur l'abandon des pièces détachées sous les intempéries le Minepat dira « cela ne nous honore pas devant nos partenaires et ca circule partout » Ca y est, il a reçu le message de Acdic Info et a lu le Messager et Mutations du jeudi 19 janvier.
Et pourtant, il a soigneusement évité d'aller voir les tracteurs dans la broussaille. On a envie de connaître le contenu du rapport de mission qu'il a envoyé au président de la République, commanditaire de sa mission. Jusqu'à quand allons-nous continuer de maquiller la vérité ?
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