Cette situation de précarité que décrivent, Joséphine, Adèle et Marthe toutes ménagères, rencontrées au coin de la rue à Yaoundé, est aujourd'hui partagée par une majorité écrasante de camerounaises et camerounais. Avec cause.
En l'espace de 12 ans, de 1999 à 2011, les revenus des familles d'où qu'ils proviennent n'ont pas subis d'augmentation substantielle, sans compter les chômeurs dont le nombre va croissant.
Par ailleurs, dans cet espace temps, le prix du kilogramme de maïs est passé de 160 à 250 FCFA, une hausse de 56%. Celui de l'arachide de 325 à 550 FCFA, 69% en plus. Celui du haricot de 370 à 560 FCFA, 51% en plus. Le prix du kilogramme de bœuf de 1370 à 2700 FCFA, une hausse de 97%. Celui du kg de porc de 1200 à 2500 FCFA, une hausse de 108%. Le kilo de macabo est passé de 160 à 230 FCFA, 43% en plus. Le régime de plantain est passé de1900 à 2900 FCFA, 52% en plus. Autant d'exemples (voir graphiques) qui confirment la tendance haussière du prix des denrées sur nos marchés depuis des années.
Plus inquiétant, c'est qu'à l'analyse, on note que de 2008 - année des émeutes de la faim, à 2011, c'est-à-dire en trois ans, l'accroissement du prix de plusieurs produits est de loin supérieur à celui observé entre 1999 et 2008, c'est-à-dire en 10 ans. Par exemple, dans cette dernière période, le prix du kg de maïs est passé de160 à 190 FCFA, 19% d'augmentation alors que de 2008 à 2011 il est passé de 190 à 250 FCFA, 31% d'augmentation. Dans la même période le kg d'arachide a augmenté de 17% contre 40% de 2008 à 2011. Le kg de haricot a augmenté de 3% contre 47% de 2008 à 2011. Le kg de macabo est passé de 0% à 43% de 2008 à 2011. Pire encore, dans ces douze dernières années, 2011 a été une année particulièrement chère.
Quand on sait qu'au sortir de la crise de 2008, des mesures – jamais mises en application avaient été énoncées pour contenir cette flambée des prix, il y a vraiment de quoi s'inquiéter.
Et que dire de la MIRAP (Mission de Régulation des Approvisionnement des Produits de grande Consommation), cette autre trouvaille lancée à grande pompe en février 2011 qui s'avère au constat d'aujourd'hui inefficace contre la vie chère.
Que nous réserve l'année 2012 ! On est mal parti. La campagne agricole en cette année débute sous de mauvais auspices. Après la controverse sur la pénurie de semences, voilà que les caprices climatiques s'y mêlent, pour le malheur des producteurs. Bientôt quinze jours que les agriculteurs scrutent le ciel dans l'attente des pluies pour semer. Aucune goutte ne tombe.
Pire, certains paysans qui avaient cru bon de semer après la pluie du mois de février n'ont que leurs yeux pour pleurer devant le désastre de la sécheresse. Les plants qui avaient poussé ont séché et ces producteurs se résoudront à recommencer le semis. Chose pas aisée en ces temps où trouver les semences n'est pas évidente.
Et les consommateurs dans tout ça ! Ils ont intérêts à être solidaires des producteurs car l'année 2012 risque de connaître des pénuries indicibles qui leur renchériront encore plus la vie.
A moins qu'on n'investisse gros sur les deux autres campagnes qui restent : Celle qui commence en juin dans le grand nord et celle de mi aout dans la zone forestière bimodal.
Sans ignorer que le pacte pour le développement rural commis en son temps par l'ACDIC recèle une véritable potion contre la vie chère à travers les bassins de production et les pôles de promotion des cultures vivrières qu'il promeut.
Attention à la vie chère. Elle peut coûter encore plus cher.
1-la mirap en action
2-vente du macabo
3-ici le tas de taro 500 fcfa
4-le tas de manioc a 500 fcfa
5-le tas de macabo coute 500 fcfa
6-courbe evolutive du mais de 1999-2011
7-courbe evolutive de arachide de 1999-2011
8-courbe evolutive de haricot de 1999-2011
9-courbe evolutive viande de boeuf de 1999-2011
a-courbe evolutive viande de porc de 1999-2011
b-courbe evolutive de macabo de 1999-2011
c-courbe evolutive du plantain de 1999-2011













