Le jour de la marche mardi dernier, la police avait bouclé les issues de l’association, empêchant ainsi les paysans de manifester comme ils l’avaient prévu contre les travers du ministère de l’agriculture, gangrené par des scandales de corruption, de détournements de deniers publics, d’affairisme, la banque agricole et autres.
Dans la foulée de cet événement, le parlement européen, par la voix de José Bové, vice-président de la commission de l’agriculture et du développement rural de cette institution, a adressé une lettre de félicitation au monde paysan pour la lutte qu’il mène « depuis de nombreuses années pour la souveraineté alimentaire au Cameroun ».
Un combat qui, écrit José Bové, a déjà permis de stopper les importations de poulets congelés. « En agissant avec détermination, vous avez permis de relancer la production avicole locale, d’améliorer la sécurité alimentaire de nombreuses familles et de recréer de nombreux emplois qui avaient été détruits », rappelle le député européen.
Pour lui, l’introduction de 10% de farine locale dans la fabrication du pain « permet d’une part de réduire les importations de blé qui grèvent fortement la balance commerciale du Cameroun, et d’autre part, de garantir le développement agricole ». aussi, déplore-t-il le fait que 200 militants de l’ACDIC soient contraints de passer la nuit dans les locaux de l’association, dans un pays où « la constitution reconnait la liberté d’expression, la liberté de manifester pacifiquement ». a l’issue du mouvement de mardi dernier, les paysans réunis autour de l’ACDIC, ont décidé de la création d’un mouvement syndical agricole.
Mutations. N° 2921. Lundi 06 juin 2011













