Selon les autorités camerounaises, l'usine dont la capacité nominale de traitement est de 3 mille poulets par heure, va contribuer à la création des emplois et à la limitation de l'exode rural. Au-delà de ce tableau reluisant se pose le problème de l'opérationnalisation d'une telle usine.
De sources concordantes, ni le MINEPIA (Ministère de l'élevage, des pêches et des industries animales), ni l'IPAVIC (Interprofession avicole du Cameroun), n'ont été impliqués dans ce projet ? La preuve, ces deux institutions n'étaient pas présentes à la cérémonie d'inauguration. Le réseau d'aviculteurs déjà existant a été ignoré et l'on parle de la création d'un nouveau réseau. En plus avec une capacité de traitement de 3 mille poulets par heure, on est en droit de se demander où trouveront-ils le poulet à abattre ? Lorsqu'on sait qu'élever un poulet de nos jours en espérant un retour sur investissement est quasi impossible. A l'analyse cette usine risque d'être frappée de nanisme dès sa création, on a l'impression d'avoir mis la charrue avant les bœufs. L'implantation d'une chaine d'abattage suppose la mise sur pied d'un réseau d'approvisionnement pérenne en poulet de chair, ce qui implique une production de maïs suffisante, la disponibilité des intrants nécessaires à la fabrication de la provende, l'accessibilité au poussin d'un jour, une meilleure coordination entre les différents intervenants de la filière.
Cependant une lueur d'espoir demeure. Si cette usine arrive à fonctionner à plein régime et surtout sur le long terme, son incidence sur la filière avicole en particulier et sur l'économie en général sera indéniable. En amont, on pourra assister à l'émergence d'une nouvelle classe de fermiers aguerris aux normes de qualité ISO, à l'accroissement des activités des vendeurs d'intrants et de provende, au développement des activités des accouveurs et de fabricants de plastiques pour ne citer que ceux là. En aval la chaine de distribution va s'enrichir d'un nouveau produit à référencer avec comme conséquence l'augmentation du chiffres d'affaires des magasins de vente de vivre frais. Bon vent à la filière avicole !













