Le secteur de la volaille tourne à plein régime au marché de Mvog Ada surtout aux premières heures de la matinée. Pourtant il est fermé légalement depuis des mois pour contrôle sanitaire suite à l’épidémie grippe aviaire de  2016.

C’est bientôt Noël. Comme à l’accoutumée, ça grouille de monde au marché Mvog-ada, particulièrement au secteur de la volaille. Pour les ménagères, il n’est pas question de rentrer  sans poulets à engraisser pour le jour J. Elles doivent débourser 2.800 Frs CFA, pour un poulet d’1,8 Kg.

Il y’en a suffisamment pour les fêtes, selon Etienne TAMO, secrétaire de l’association des vendeurs de poulets. « L’élevage de poulet chair est une activité à cycle court que beaucoup de personnes saisissent pour des fêtes de fin d’année. C’est pourquoi vous avez assez de poulets sur le marché en cette période. »  A vue d’œil, les marchandages vont bon train. La mesure d’interdiction de commerce de la volaille à cet endroit semble inexistante.  Les commerçants, conscients qu’ils exercent dans l’illégalité ont bien des excuses. «  On sait qu’on ne doit pas vendre ici. Voilà même des caisses abandonnés derrière. Mais on va faire comment. On va aller où ? Il faut bien qu’on nourrisse nos familles. Plusieurs d’entre nous ont vu leurs femmes partir de la maison parce qu’ils n’avaient plus d’argent. Le gouvernement refuse de rouvrir le marché. On jongle ici en attendant trouver mieux. » Se défend l’un d’eux. S’agit-t-il d’une autorisation non écrite des autorités ?

Force est de constater que l’interdiction a permis l’extension du marché de poulets jusque sur la voie publique, dans le désordre total. Plus de comptoirs ou d’espace fixe pour X ou Y, plus d’organisation formelle de groupe de vendeurs ou de plumeurs…Tout le monde est vendeur, plumeur et va à la recherche de ses clients où bon lui semble dans le marché. Ce qui est certain, c’est d’avoir à faire aux commerçants grossistes aux premières heures de la matinée, et aux détaillants au courant de la journée.

Dans ce contexte de crise de la grippe aviaire, la vente de la volaille n’est autorisée que dans 10 marchés dans le département du Mfoundi. C’est ce qu’indique l’arrêté régional N° 00000383/AR/J/SG du 24 août 2016 signé du Gouverneur de la région du Centre, portant sur l’organisation des activités de commercialisation des volailles et autres produits des fermes avicoles ayant fait l’objet d’un suivi sanitaire. On se souvient que dans la quête de solution de recasement des vendeurs du marché Mvog-Ada, principal marché de poulet de la ville, le Sous-préfet de Yaoundé 5ème avait proposé l’ancien site de la SODECAO. Mais les populations autochtones ne voulaient pas d’eux. Ce fut également le cas lorsqu’ils ont été envoyés sur un autre site au quartier Mvan. Peu après, le maire de Yaoundé 5ème leur a délivré une autorisation écrite d’installation sur un espace de 3200 m2 au quartier Essos, lieu-dit « Rue des pavés ».  Le projet d’installation avait été approuvé par le service vétérinaire, le Délégué du gouvernement et le Délégué départemental du MINEPIA. A la question de savoir pourquoi ledit site reste inoccupé, les commerçants expliquent : «  Le dossier est bloqué depuis plusieurs mois au niveau du Délégué Régional du MINEPIA qui s’est opposé catégoriquement. Il dit que nous ne respectons pas les décisions et voulons toujours faire le bras de fer avec les pouvoirs publics. Il a dit d’aller attendre. » Jusqu’à quand ? Difficile de savoir.

 Toujours est-il que ces derniers continuent de jongler avec les forces de l’ordre  qui de temps en temps procèdent aux arrestations, saisies de marchandises, scellage de comptoirs et magasins. « L’Etat veut que nous devenions des bandits ?…Pourquoi le gouverneur veut nous forcer à rester à la maison ?… Nos enfants vont manger quoi ? ... Nous n’irons nulle part tant qu’ils ne créent pas un marché pour nous! … Ils ne nous font pas peur…J’ai plus peur de ce que mes enfants vont devenir que de la police…Ils vont seulement me tuer …» crient-t-ils leur grogne, et leur détermination. Et cependant, que dire des risques de résurgence de la grippe aviaire à travers cette pratique illicite.

Météo du poulet

Semaine du 10 septembre 2018

Denrées
Poulet ponte (1.8 kg) : 2 300 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 3 300 FCFA
Soja (kg) : 400 FCFA
Arachide (kg) : 500 FCFA
Maïs (kg): 200 FCFA
 

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