Cession des terres
L’ACDIC SENSIBILISE LES DEPUTES CAMEROUNAIS AUX CESSIONS DE TERRES NATIONALES AUX PAYS ET ENTREPRISES ETRANGERES
Ils ont une fois de plus marqués leur intérêt aux activités de l’ACDIC. Cette fois ci la cession des terres agricoles aux étrangers et entreprises était au débat et les députés ont voulu comprendre ce phénomène qui est devenu mondialement inquiétant. Ils souhaitent que la lumière soit faite sur le cas du cameront en promettant de porter le débat à l’assemblée nationale.
Le 25 novembre 2009, à l’hôtel des députés à Yaoundé, le président de l’ACDIC Bernard Njonga a entretenu une cinquantaine de députés sur le thème des « cessions de terres aux entreprises et pays étrangers » au Cameroun. Il a, avec l’éloquence qu’on lui connait, fait l’état des lieux du phénomène dans le monde, celui du Cameroun, avant de partager avec les élus du peuple quelques interrogations et suggestions. L’orateur a présenté quelques facteurs expliquant la ruée des pays européens et certains émirats pétroliers orientaux et dragons d’Asie vers les terres des pays du Sud par l’accroissement de la demande des produits alimentaires de base, la concurrence des agro-carburants sur l’utilisation des produits agricoles pour la nutrition de l’homme, la monétisation et la spéculation sur les forêts générateurs de profits à travers des l’exploitation du bois et des autres produits forestiers non ligneux, d’une part , et le marché des crédits carbones et droits à polluer qui permettent aux pays industrialisés de polluer en payant des compensations financières aux autres entreprises polluant en dessous de leur marge, ou à des pays qui offrent des parcelles de végétation absorbant le carbone rejeté dans l’atmosphère. Après les épisodes d’effondrement boursier, financier et économique qui ont entraîné les économies dans un carambolage inédit depuis 2007, la terre agricole est aujourd’hui une « monnaie-refuge » et même « la meilleure couverture contre la récession pour les 10 à 15 années qui viennent ». Aussi, souligne Bernard Njonga, dans ce contexte de pertes, les sociétés de la filière agro alimentaire continuent à faire des profits. Entre les producteurs d’engrais comme Yara, Potash Corp., les semenciers comme Monsano, ou les agroalimentaires comme Nestlé et Unilever, les profits 2007-2008 sont allés entre 7 et 72 % par rapport aux exercices précédents. Les Etats et entreprises accaparatrices et ceux qui cèdent sont répartis entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique. Mais tous sont à la recherche de profits. Les Etats acheteurs veulent conquérir de nouvelles terres pour assurer leur souveraineté alimentaire ou pour faire faire des profits sur le marché international à leurs entreprises qu’ils accompagne (Chine, Inde Japon, Malaisie, Corée du Sud, Bahreïn, Jordanie, Koweït, etc.), les autres, des pays d’Afrique sub-saharienne pour la majorité, ont « besoin d’investisseurs externes pour se développer (…) les nationaux ne [sachant] pas utiliser les ressources de manière optimales et ni eux, les gouvernements ne [disposant] pas des moyens techniques ou financiers pour y parvenir ». Les Etats et entreprises étrangères investisseurs sont soutenus par des institutions financières internationales, ce qui laisse penser que l’investissement sur la terre agricole est du pain béni en cette période d’incertitudes de croissance économique mondiale.
Et le Cameroun dans tout ce tango qui prend parfois une tournure mélodramatique pour des populations autochtone sans défense face à l’argent-roi en Afrique ou celles qui en Inde résistent avec succès et contraignent les gouvernants à y renoncer parfois ?
Au Cameroun, ce ne sont pas les terres agricoles qui manquent. Seuls 29% (14 200 km2) de terres cultivables sont exploités, s’étonne le président de l’ACDIC ! Près de 6 millions d’hectares sont ainsi en friche. Les informations sur les cessions de terre sont « extrêmement difficile d’accès », parce que, comme le souligne le patron de la FAO Jacques Diouf, « la terre est une patate chaude politique ». Mais on sait que l’homme d’affaires chinois Jianjun Wang a acquis des droits sur 10 000 hectares de terres pour produire du riz à Nanga Eboko, 250 km à l’est de Yaoundé. Un décret présidentiel du 14 avril 2009 autorise le gouvernement Camerounais à signer avec l’Inde, un accord de prêt de 18,8 milliards de F CFA auprès d’une banque Indienne (Export-Import Bank of India) pour la mise en place de 5 000 hectares de maïs et de riz au Cameroun. Le ministère camerounais de l’agriculture est au demeurant engagé dans des démarches pour l’octroi de 6 000 hectares de terres aux Chinois pour la culture du riz dans la zone de la haute Sanaga dans la région du Centre, a révélé Bernard Njonga.
Sans présumer des intentions de braderie des terres nationales par le gouvernement, l’orateur ne comprend pas pourquoi les informations touchant aux cessions de terres sont si difficile d’accès. Il se pose également des questions sur les conditions de ces cessions, les cahiers de charges y relatif, les risques encourus tels que : la mise en péril de la souveraineté alimentaire, l’instabilité des pris alimentaires, la destruction massive des agricultures familiales, les conflits sociaux, l’accroissement des inégalités. Plus fondamentalement, le « avec 67% des populations vivant de l’agriculture dont 90% faisant dans l’agriculture familiale, (…) a-t-on besoin de petits producteurs efficaces ou de grosses exploitations ? » Il a ainsi invité les parlementaires à susciter des débats autour des conditions des cessions des terres au Cameroun, il a invité également les autorités gouvernementales à informer et à associer les populations propriétaires des terres avec les éventuels investisseurs, la préservation des intérêts locaux et nationaux dans les cahiers de charge des contrats de concession. Dans l’échange qui a suivi, des députés ont pris la parole pour remercier en encourager l’initiative qui leur permet de mieux saisir les enjeux du phénomène de la cession des terres et de mieux défendre les intérêts des populations. Pourquoi cette « campagne de xénophobie, cette aversion contre l’Empire du Milieu », s’est exclamé un député du parti au pouvoir, le Rdpc ? « Nous n’avons rien contre les Chinois, a répondu le président de l’ACDIC, il se trouve simplement qu’à l’heure actuelle, ce sont les Chinois qui exploitent, nous le faisons sans animosité » ! Et que dire des transferts de technologies évoqué par un député ? « Je les trouve douteux, a dit l’orateur : pour le riz, la technique de culture est simple. Idem pour le maïs. Ces techniques sont maîtrisées déjà par les cultivateurs Camerounais. Et même, on ne connaît pas le contenu des cahiers de charges ».
Et le Cameroun dans tout ce tango qui prend parfois une tournure mélodramatique pour des populations autochtone sans défense face à l’argent-roi en Afrique ou celles qui en Inde résistent avec succès et contraignent les gouvernants à y renoncer parfois ?
Le Cameroun dans la ligne de mire des Chinois et Indiens
Au Cameroun, ce ne sont pas les terres agricoles qui manquent. Seuls 29% (14 200 km2) de terres cultivables sont exploités, s’étonne le président de l’ACDIC ! Près de 6 millions d’hectares sont ainsi en friche. Les informations sur les cessions de terre sont « extrêmement difficile d’accès », parce que, comme le souligne le patron de la FAO Jacques Diouf, « la terre est une patate chaude politique ». Mais on sait que l’homme d’affaires chinois Jianjun Wang a acquis des droits sur 10 000 hectares de terres pour produire du riz à Nanga Eboko, 250 km à l’est de Yaoundé. Un décret présidentiel du 14 avril 2009 autorise le gouvernement Camerounais à signer avec l’Inde, un accord de prêt de 18,8 milliards de F CFA auprès d’une banque Indienne (Export-Import Bank of India) pour la mise en place de 5 000 hectares de maïs et de riz au Cameroun. Le ministère camerounais de l’agriculture est au demeurant engagé dans des démarches pour l’octroi de 6 000 hectares de terres aux Chinois pour la culture du riz dans la zone de la haute Sanaga dans la région du Centre, a révélé Bernard Njonga.
Sans présumer des intentions de braderie des terres nationales par le gouvernement, l’orateur ne comprend pas pourquoi les informations touchant aux cessions de terres sont si difficile d’accès. Il se pose également des questions sur les conditions de ces cessions, les cahiers de charges y relatif, les risques encourus tels que : la mise en péril de la souveraineté alimentaire, l’instabilité des pris alimentaires, la destruction massive des agricultures familiales, les conflits sociaux, l’accroissement des inégalités. Plus fondamentalement, le « avec 67% des populations vivant de l’agriculture dont 90% faisant dans l’agriculture familiale, (…) a-t-on besoin de petits producteurs efficaces ou de grosses exploitations ? » Il a ainsi invité les parlementaires à susciter des débats autour des conditions des cessions des terres au Cameroun, il a invité également les autorités gouvernementales à informer et à associer les populations propriétaires des terres avec les éventuels investisseurs, la préservation des intérêts locaux et nationaux dans les cahiers de charge des contrats de concession. Dans l’échange qui a suivi, des députés ont pris la parole pour remercier en encourager l’initiative qui leur permet de mieux saisir les enjeux du phénomène de la cession des terres et de mieux défendre les intérêts des populations. Pourquoi cette « campagne de xénophobie, cette aversion contre l’Empire du Milieu », s’est exclamé un député du parti au pouvoir, le Rdpc ? « Nous n’avons rien contre les Chinois, a répondu le président de l’ACDIC, il se trouve simplement qu’à l’heure actuelle, ce sont les Chinois qui exploitent, nous le faisons sans animosité » ! Et que dire des transferts de technologies évoqué par un député ? « Je les trouve douteux, a dit l’orateur : pour le riz, la technique de culture est simple. Idem pour le maïs. Ces techniques sont maîtrisées déjà par les cultivateurs Camerounais. Et même, on ne connaît pas le contenu des cahiers de charges ».
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