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Eleveurs, provendiers, plumeurs, vendeurs de poulets défient l’autorité et réussissent à marcher à Yaoundé par deux fois. Ils demandent la réouverture sans délai des 23 marchés de volaille.

 Tout a commencé la matinée du 23 juin 2016 du côté de la primature à Yaoundé. Dès l’aube,  des dizaines de policiers et gendarmes armés, prêts à réagir à la moindre révolte avaient envahi les lieux. Ils attendaient de pied ferme les aviculteurs, qui s’y étaient donné rendez-vous pour  manifester contre l’interdiction un peu trop prolongée de commercialisation du poulet et des œufs en raison de la grippe aviaire. 

 

Bloqués à l’esplanade face au Hilton hôtel, les manifestants ont choisi  de se faire entendre en tonnant sans répit « Libérez nos poulets », « ouvrez les marchés », « On a faim, on veut travailler »…  De quoi forcer les passants à marquer un temps d’arrêt, les journalistes à venir immortaliser la scène, et même le sous-préfet de Yaoundé Ier à se rendre sur place. Il  essayait de calmer les manifestants, qui ne voulaient rien entendre. « Nous sommes fatigués d’attendre que le Ministre de l’élevage lève l’interdiction. Ça fait un mois que nous faisons des réunions avec lui, sans aucune voie de sortie de crise. Un mois que le marché du poulet est arrêté presque dans tout le pays, alors qu’on nous dit que les foyers découverts sont déjà circonscrits » déclaraient-ils haut et fort.

Certains, à l’instar de Joseph Mbopda, n’ont pas hésité à dire tout haut ce que les gens pensent tout bas: « Il n’y’a pas grippe aviaire au Cameroun. C’est un complot pour importer les poulets congelés. Nous avons dans nos fermes des poulets bien portants. Nous voulons les vendre. C’est tout. »  Le sous-préfet débordé, n’a  eu d’autre choix que d’entamer les négociations, avec au milieu Bernard Njonga,  président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC), décidé à  soutenir les aviculteurs jusqu’au bout. «  Ce sont des citoyens, des chefs de famille qui sont là, qui se sont retrouvés brutalement au chômage, qui voient leur capital, leurs investissements aller en fumée, à cause d’une grippe aviaire qui sous d’autres cieux se règle en quelques jours. Ici ça fait un mois qu’on est sans issue, et pendant ce temps la filière se meurt. Que voulez-vous ? » A-t-il déclaré.

 Il a fallu que le sous-préfet promette une rencontre entre les représentants de la filière et le premier ministre dans les 24 heures, pour finalement voir partir la foule en direction du siège de L’ACDIC, sous le contrôle de  Bernard Njonga.  Contre toute attente, le ton d’une marche venait d’être donné. Contrairement à la marche des aviculteurs de Bafoussam réprimée, elle s’est déroulée  sans interception des forces de l’ordre, jusqu’au point de chute, où une seconde manifestation, avec les pancartes a eu lieu. La police, cette fois arrivée un peu tard, n’avait plus qu’à encadrer l’évènement.

Parmi les doléances à présenter au Premier Ministre, on retient l’ouverture des 23 marchés de poulets, l’indemnisation des éleveurs, le maintien de l’interdiction d’importation des poulets congelés, la construction des marchés modernes de volaille, l’arrêt des contrôles abusifs des services de police et de gendarmerie. « Tant que ces exigences ne sont pas prises en compte, nous ne lâcherons pas » a précisé Jean Marie Kemegne, représentant du Collectif des artisans de la filière avicole du Cameroun.

Suite à la non réaction des autorités, une nouvelle marche a eu lieu ce 24 juin partant du siège de l’ACDIC pour le ministère de l’élevage. Mais elle a été stoppé presqu’à mi-parcours par la police. Les pancartes que tenaient les manifestants ont été saisies et détruites. Ce qui a occasionné un sit-in, jusqu’à l’arrivée de sous-préfet de Yaoundé Ier. Cette fois, il a ordonné aux manifestants de retourner et d’attendre la réponse du gouvernement.  Ils ont obtempéré, non sans annoncer de nouvelles manifestations au cas où il n’y aurait aucune suite favorable.  Le combat ne fait que commencer…

 

L’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs est une organisation majeure de la société civile créée en 2003. C’est une association apolitique, non confessionnelle, non tribale, à but non lucratif. Elle fait essentiellement dans le plaidoyer et lobbying, avec pour vision et objectif de promouvoir une société à environnement socioéconomique plus sain, équitable, transparent et porteur de rapports constructifs, positifs et sauvegardant les intérêts de tous et de chacun.

Météo du poulet

Semaine du 9 juillet 2018

Denrées
Poulet ponte (1.8 kg) : 2 433 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 2 933 FCFA
Soja (kg) : 440 FCFA
Arachide (kg) : 423 FCFA
Maïs (kg): 237 FCFA
 

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