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La question d’introduction du coton génétiquement modifié au Cameroun fait débat. Alors que les pro-OGM se réjouissent des premiers résultats d’expérimentation en cours à la Société de Développement de Coton (SODECOTON) à Garoua, les anti-OGM s’en méfient et appellent à la prudence.

Il y a cinq ans, le coton génétiquement modifié (CGM) entrait en expérimentation à la SODECOTON de Garoua, au Nord Cameroun. Il a été cultivé trois ans en milieu confiné (2012 – 2015), puis en milieu ouvert depuis 2016. Cette phase qui s’achèvera en 2018 vise à ressortir l’itinéraire technique du CGM. Rendue en fin d’année 2017, l’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC) s’est repenchée sur la question afin de comprendre les évolutions de cette expérimentation, et la situation du Cameroun sur les OGM de façon générale.

Selon un responsable de la SODECOTON rencontré à Yaoundé, « si cette phase est passée avec succès, la prochaine étape sera le test en milieu réel c’est-à-dire en milieu paysan. C’est à ce moment que les études économiques seront effectuées, dans le but d’évaluer la rentabilité du CGM. » Il ajoute : « La production du CGM ne se fera pas de sitôt au vu de ce qui reste encore à faire sur le plan scientifique et réglementaire, avant la rédaction du rapport final. C’est après cette étape qu’une loi sera introduite au parlement pour la culture du CGM par les cotonculteurs Camerounais.»

A en croire le Comité National de Biosécurité (CNB) chargé d’encadrer les essais, les tests se déroulent très bien et les résultats sont satisfaisants. «  C’est un avantage pour la production nationale du coton. Non seulement le nombre de traitement sera réduit et donc les coûts, mais aussi les rendements seront meilleurs de même que la qualité des fibres », soutient Dr. IROUME, Inspecteur Général au Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) et membre du CNB.

Sur la question de risque de dépendance du Cameroun aux semences de CGM produits par des firmes internationales telles Bayer CropScience ou Monsanto, Dr. IROUME est en adéquation avec la SODECOTON, qui explique : « Il n’y aura pas de dépendance au CGM d’origine étrangère. Le Cameroun a défendu sa souveraineté et a tenu à l’autonomisation de son expérimentation. En d’autres termes, les gènes sont introgressés sur les variétés camerounaises qui seront produites sur place selon une politique de vulgarisation nationale. Mieux, les variétés camerounaises non-CGM seront conservées, donnant la liberté aux paysans de choisir la semence de leur choix. Ne cultivera le CGM que celui qui veut. » Un argument qui ne rassure pas tout le monde.

Dr. NGUIDJOE Evrard, Chef de Département de Pharmaco-Toxicologie à la Faculté de Médecine et de Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I, de son avis personnel, appelle à la prudence. « Dans le monde, très peu de pays plus développés que nous autorisent la culture des OGM sur leur sol. Et ceux qui l’autorisent, le font dans un cadre très particulier. Nous avons le cas du Burkina à côté de nous qui a essayé le coton transgénique et a abandonné. Ce qui suscite des interrogations. Seul le terme « OGM » éveille l’attention. On parle d’Organisme Génétiquement Modifié, c’est dire que le gène, l’ADN de la plante est modifié. Si c’était inoffensif, pourquoi a-t-on besoin d’une sécurité particulière ? De plus aucune étude sur les effets des OGM sur la santé humaine à long terme n’a été faite. Certes on ne consomme pas le coton, mais il y a l’huile de coton qu’on consomme. » Aussi recommande-t-il une large communication autour des OGM afin d’informer le public sur la question.

Dans le même sens, Bernard NJONGA, Ingénieur agronome et membre du Collectif « ATTENTION OGM » créé en 2015, dénonce l’absence de transparence sur les essais en cours à la SODECOTON. « On vante le coton génétiquement modifié, mais on ne sait rien du processus d’expérimentation en cours. Par exemple, les tests en milieu confiné sont terminés et aucun rapport n’a été mis à la disposition du grand public. Nous demandons à être informés de ce qu’il en est réellement. »

On se souvient que le collectif avait manifesté lors de la cérémonie officielle d’ouverture du forum national sur les OGM tenu à Yaoundé en septembre 2015. A la surprise générale, ils avaient pris d’assaut la salle de conférence pour dire « Non aux OGM » et dénoncer les risques et la catastrophe qu’on encoure en les introduisant dans l’agriculture camerounaise. En janvier 2016, une équipe de ce Collectif avait séjourné au Nord pour en savoir plus sur les CGM à la SODECOTON, visiter les champs d’expérimentation et comprendre ce qui en est. (Voir Rapport).

Les OGM dans nos plats

Dans une étude intitulée « Alerte aux OGM », le Dr Wilfried MBATCHAM, chercheur en biotechnologie, révèle que « 25% des produits importés au Cameroun sont génétiquement modifiés ». Les plus courants étant les céréales telles que le riz, les farines pour enfants, des huiles faites à base de soja. D’où la nécessité, selon Dr NGUIDJOE, de contrôler les produits que nous consommons. « Actuellement au Cameroun, il faut le reconnaître humblement, nous sommes incapables de contrôler les aliments venus d’ailleurs de façon optimale. Pour vérifier si un produit contient des OGM, il faut extraire le génome du produit et l’analyser. Il existe des laboratoires qui ont des appareils qui peuvent faire ce travail mais ils sont utilisés à ce que je sache à d'autres fins (domaine médical notamment) que la recherche de la présence des OGM dans les aliments importés par exemple. Ce contrôle nécessite un fort investissement tant financier qu'humain pour la sécurité des populations. La sécurité de la chaîne alimentaire a un prix. »

 

Rapport de la mission d'information à la Sodecoton

 

L’Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs est une organisation majeure de la société civile créée en 2003. C’est une association apolitique, non confessionnelle, non tribale, à but non lucratif. Elle fait essentiellement dans le plaidoyer et lobbying, avec pour vision et objectif de promouvoir une société à environnement socioéconomique plus sain, équitable, transparent et porteur de rapports constructifs, positifs et sauvegardant les intérêts de tous et de chacun.

Météo du poulet

Semaine du 10 decembre 2018

Denrées
Poulet ponte (1.8 kg) : 3 100 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 3 200 FCFA
Œuf(Alvéole) : 1 700 FCFA
Soja (kg) : 440 FCFA
Arachide (kg) : 440 FCFA
Maïs (kg): 240 FCFA
 

EMISSIONS  AGRIPAN
CAMPAGNES EN IMAGES
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Grippe aviaire en photos
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Le pacte en photos
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